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Crash
d'avion au Nigeria: le pays en deuil, début de l'enquête
LISSA (AFP) - Le Nigeria
entamait lundi trois jours de deuil national après le crash d'un avion samedi
soir au nord de Lagos, qui a coûté la vie aux 111 passagers et aux six
membres d'équipage, alors que l'enquête a commencé sur les causes de
l'accident.
Le
président Olusegun Obasanjo a pris personnellement en charge la direction de
l'enquête sur cet accident qualifié de "catastrophe nationale", et
ordonné que "tous les drapeaux soient en berne pour trois jours dans
tout le pays en signe de respect et d'hommage à tous ceux qui ont perdu la
vie" à bord du vol 210 de Bellview Airlines entre Lagos et Abuja.
Contrairement
à ce qui avait été annoncé dimanche soir par la police fédérale, les boîtes
noires n'ont pas encore été retrouvées: "nous continuons les recherches.
On pense que les boîtes noires sont toujours à l'intérieur des restes de
l'avion qui sont profondément enterrés", a expliqué le ministre nigérian
de l'Aviation, Babalola Borisade à Lissa.
Il a
ajouté que les enregistreurs de vol ne seront pas déterrés tant que les
médecins légistes - dont deux experts qui doivent arriver des Etats Unis - n'auront pas
terminé d'examiner l'épave du Boeing 737 pour déterminer les causes de
l'accident.
Sur les
lieux du crash, une plantation de cacao à Lissa, à une soixantaine de km au
nord-ouest de Lagos, les agences d'aide d'urgence poursuivaient la difficile
tâche de récupération des débris humains disséminés sur plusieurs centaines
de mètres carrés au milieu des débris de l'appareil, un Boeing 737 fabriqué
en 1981.
La Croix
Rouge du Nigeria a dépêché "une équipe de 35 personnes sur le terrain
pour aider les autorités à rassembler les corps", a précisé à l'AFP son
secrétaire général, Abiodun Orebiyi.
Pour
l'instant, les autorités se sont refusées à spéculer sur les causes de
l'accident, alors que la presse évoquait plusieurs scénarios allant de la
foudre à une attaque terroriste.
A Lissa,
les habitants ont raconté qu'ils avaient entendu une forte explosion avant
que l'avion ne s'écrase, entrant profondément dans le sol.
Le
directeur général de l'Autorité nationale de l'aviation civile (NCAA),
Fidelis Onyeriri, a expliqué dimanche soir aux journalistes que l'avion avait
perdu le contact radio peu après le décollage.
"Donc
nous avons été alertés, et comme on ne pouvait pas établir de contact radio
l'avion a été déclaré présumé disparu", a-t-il ajouté, précisant que l'appareil
avait subi un contrôle technique "valable 18 mois en février 2005 et une
vérification dix heures avant de décoller".
Bellview
Airlines est une compagnie aérienne privée assurant des vols à l'intérieur du
Nigeria et en Afrique de
l'Ouest considérée comme fiable, contrairement à nombre d'autres compagnies
privées.
Le
Nigeria a été le théâtre de nombreuses catastrophes aériennes, dont une en
mai 2002 qui avait vu un avion de ligne s'écraser sur l'aéroport de Kano
(nord) faisant 149 morts, dont les 115 personnes se trouvant à bord.
Des
étrangers occidentaux et africains se trouvaient à bord du vol 210 vers Abuja
- le secrétaire exécutif adjoint de la Communauté économique des Etats
d'Afrique de l'ouest (CEDEAO), le général malien Cheick Oumar Diarra, son
collègue en charge des finances, le ghanéen Emmanuel Quaye -, ainsi que
plusieurs personnalités nigérianes.
Par
ailleurs, les médias du groupe de communication Daar, une télévision et une
radio, ont été suspendus plusieurs heures lundi par la Commission nationale
de diffusion qui leur reprochait une mauvaise couverture du crash alors que
les journalistes de ce groupe ont révélé l'endroit exact du crash avant les
autorités.
Le
président Obasanjo, dont l'épouse Stella est décédé dans une clinique en Espagne pendant le week-end,
a par ailleurs annulé tous ses engagements pour lundi et mardi, a précisé sa
porte-parole Remi Oyo. |